La Grande Renée est une sculpture de plus de six mètres de haut, dans la tradition des Géants du Nord. Manu est picard de souche et vit à Blérancourt dans l’Aisne. Il y a trois ans, après avoir lu un article relatant la bénédiction à Chauny de « René », le patron des bateliers, un géant du Nord, que Manu s’est lancé dans la création d’une Copine pour « René ». Il faut préciser que Manu, depuis quelques années, réalise des Copines pour les nains de jardin. C’est très sérieux, il a même pondu une maîtrise d’arts plastiques, pour laquelle il a obtenu la mention « Très bien », à l’unanimité du jury, SVP. Elle a retenu l’attention des responsables de la DRAC et du Conseil Régional de Picardie, qui soutiennent Manu dans la poursuite de sa création, pour que La Grande Renée sillonne les routes de France et de Navarre.
La Grande Renée, c’est la cantinière des artistes. Une popotte. Une cuisine ambulante, dans la tradition des cantines de la guerre 14-18. Il y a tout pour survivre.. Érigé sur sa tête, un pot de fleur rouge pour la collecte des eaux de pluie, relié à un tuyau qui alimente un évier. (Citation de l’artiste Jean-Pierre Reynaud, l’artiste qui a pondu un gros doré sur la place du Centre Pompidou, à Beaubourg, œuvre qui a toujours interpellé Manu.)
L’ensemble de la sculpture est réalisé en fer à béton. Sous le pot, une tête suspendue. Les yeux, des petits phares automobiles, percent le regard du spectateur. La Grande Renée vous tire la langue, tout comme les Copines des nains de jardin. Ses gros lolos sont faits de ressorts matelassiers,et de ballons comme toutes les Copines des nains de jardin qui ont de beaux flotteurs et qui sont Vénus Callipyges.
Le bras droit, articulé sur un axe, se dresse en tirant sur une corde, et La Grande Renée vous salue à votre passage. Son bras gauche est replié sur le derrière le poing sur la hanche. À l’arrière, un parasol de marché rouge constitue la jupe sous laquelle on s’abrite, autour d’une table. L’accès par le côté se fait en repliant un lit-cage. Au sol, une pelouse synthétique le sol, réminiscence du jardin d’appoint.
N’oublions pas la coiffe des Copines des nains de jardin, guirlande clignotante, rouge, de six mètres de long, qui est repérable telle une balise en mer. La Grande Renée est installée sur une remorque, tractée par le VASP (Véhicule Ambulance de Sapeur Pompier), rouge et blanc bien sûr !
Vous imaginez bien la surprise que peut engendrer la rencontre d’un tel attelage sur votre route. Chaque arrêt donne lieu à une conversation, et ce c’est ce dispositif de relation que Manu recherche autour de son travail.
Ce « work in progress » est toujours en pleine évolution ; de l’installation d’art contemporain à la performance, il se dirige vers un spectacle des arts de la rue, toujours dans le même esprit ludique, festif et convivial, pédagogique et bon enfant.
Cette saison, pour « Pourquoi faire des pieds et des mains », La Grande Renée s’est fait emballée !
Extraits du livre d’or
« La Grande Renée hospitalisée toute de fil et néanmoins bien raide, sous son sourire mélancolique, elle a du ressort et de quoi recevoir les hommages du feu ».
« Des copines de nains de jardin à la géante du Nord, Manu ne semble pas avoir le sens de la mesure ! Et c’est tant mieux en psychiatrie ! »
« Vive La Grande Renée, dans ce Big Bazaar digne de l’imagination obèse de son créateur. À transporter à travers toute la région »
« Un mot me vient en voyant l’œuvre : tendresse. Merci pour ce retour à la vie. »
« L’adulte que je suis est resté émerveillé comme un enfant devant La Grande Renée. »
« À quinze jours de mon cinquantenaire, je n’oublierai jamais cette nuit passée entre les jambes de La Grande Renée, qui a protégée mon sommeil paisible de beuverie. Le réveil à l’aube par les corneilles qui devait se battre pour avoir un morceau de reste de Merguez de Manu. »
« C’est en sortant de chez soi que l’on se sent parfois un peu plus chez soi. »

